Le mouvement Arts&Crafts

Un peu d'histoire!

Le mouvement artistique Arts and Crafts — Arts et Artisanats – est fondé en 1862, en Grande-Bretagne, par le théoricien et décorateur William Morris. Il s’oppose aux méfaits de la révolution industrielle, à ses ravages humains et esthétiques qui excluent la main de l’artisan. William Morris prône la renaissance de l’artisanat, l’union de tous les arts et l’art pour tous. Entouré d’architectes, notamment Webb, Shaw et Voysey, des peintres préraphaélites dont Rossetti et Sir Burne-Jones, puis de l’illustrateur Crâne, il vise à mettre la technique industrielle au service de l’artiste-artisan.
Arts and Crafts, forge des principes comme la joie au travail ; l’unité des arts (art et industrie, art et artisanat) ; le régionalisme ou le respect des cultures locales ; l’intervention de l’artiste-artisan dans toutes les étapes de fabrication de son œuvre, etc. William Morris privilégie le beau et l’utile, la forme et le matériau des objets, et son intégration dans l’environnement.
Les Arts and Crafts concernent principalement l’architecture et les arts décoratifs. William Morris se réfère à l’architecture médiévale, rurale du XVIIe siècle. Les matériaux régionaux et naturels (brique, bois, etc.) s’intègrent au paysage. « Le message parlera de la nature et de l’homme, d’ordre et de beauté, mais où tout sera douceur. simplicité liberté, confiance et lumière », Lethaby, architecte du mouvement.
Les arts décoratifs concernent l’aménagement et le décor intérieurs : céramique, vitrail, papier mural, textile, affiche, mobilier, ferronnerie, joaillerie, émail, etc. Certains témoignent d’un goût éclectique et foisonnant.

Les notions hier désuettes de savoir-faire, de métier, de geste, de transmission, sont de retour de nos jours mais dans une vision contemporaine. Pour William Morris et ses disciples, l'art ne réside plus dans l'apparence, mais dans la dignité du processus d’élaboration.
L'influence de William Morris et du mouvement Arts and Crafts sur l'Europe des arts appliqués et sur le design reste, encore, sous-estimée en France, alors qu'elle était reconnue dès les années 1960.
Aujourd'hui, on constate un désir assez général de ne plus se laisser enfermer dans ces catégories. Art, design, métiers d'art, architecture, graphisme, voire mode, ont commencé à se parler.